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Mercredi 9 mai - de 18h à 19h - Foyer de l'Opéra de Lille

Bajram Saçma, musique instrumentale

Le sud de l’Albanie se subdivise en trois cultures musicales : celles des Çam, des Lab, toutes deux réputées pour leurs polyphonies vocales, et celle des Tosk qui privilégie la musique instrumentale et le chant accompagné. Âgé d’une cinquantaine d’années, Bajram Saçma, appartient à la communauté rom d’Al­banie. Il vit dans la Myzeqe, une plaine du centre de l’Albanie qui fut depuis l’antiquité un carrefour culturel ainsi qu’en témoignent les vestiges de l’ancienne ville d’Apollonia. Ses ancêtres se sont fixés dans un petit village des environs de Fier où il vit toujours.

Clarinettiste virtuose mais sans tapage, à l’expression lyrique, il interprète des kaba, élégies au caractère funèbre, semi-improvisées qui sont généralement suivies d’une danse. Ce peut être une dyshe myzeqiare (danse de Myzeqe), une vallja e ngjalave (danse de l’anguille), une vallja e rrugës (danse du cortège de la mariée), ou encore un magnifique pogonishte dont le rythme boiteux et obsédant entraîne l’auditeur dans une rêverie merveilleuse.

Bajram dialogue avec Marsel Muka, un violoniste d’une vingtaine d’années étonnant de musicalité. Ardian Muka assure l’harmonie au luth llautë, Selim Backa le bourdon à l’accordéon et Arian Tafa donne le rythme au tambourin. Mais leur musique n’est pas qu’instrumentale. Arian Tafa possède également un répertoire de 200 chansons qu’il chante avec Selim Backa et l’accompagnement du groupe. On a là un véritable ensemble de village, qui ne joue que le répertoire traditionnel et principalement dans les fêtes de mariage, entre mai et octobre. Pierre Bois-MCM

Distribution :

Bajram Saçma : clarinette
Marsel Muka : violon
Ardian Muka : luth llautë
Selim Backa : accordéon et chant
Arian Tafa chant et tambourin def

Informations artistiques

Pouvait-on imaginer que cinq siècles d’occupation ottomane et 46 années d’un des régimes communistes les plus durs laisseraient s’épanouir sur un si petit territoire tant de musiques originales ? Nul doute que le relief montagneux, rendant les communications difficiles, eut sa part à cette diversité en confinant les communautés dans leurs villages escarpés ; mais on doit compter aussi avec un peuple d’hommes rudes qui a de tous temps dompté sa souffrance par le chant et la poésie, exalté les hauts-faits de ses héros dans des épopées et continue aujourd’hui de louer la beauté de ses garrigues ou la grâce de ses femmes.

Le chant, a cappella ou accompagné par les instruments, est au centre de toute activité sociale, qu’il s’agisse d’un repas entre amis, d’une fête de naissance, de fiançailles ou de noces. Malgré les mutations récentes qui accompagnent son intégration européenne, les musiques traditionnelles conservent toute leur vigueur et concernent toutes les générations car elles sont un fondement de l’identité albanaise. Le régime isolationniste d’Enver Hoxha ne s’y trompa d’ailleurs pas en créant des festivals un peu partout dans le pays, en particulier le festival quinquennal de Gjirokastër où, aujourd’hui encore, nombre d’artistes traditionnels continuent de recevoir une consécration qui est bien souvent un passeport pour des tournées internationales. Aussi, l’exode rural n’a pas altéré ces traditions. En ville, bien au contraire, les communautés villageoises se ressoudent, festoyent et créent des associations afin de transmettre leur patrimoine culturel aux plus jeunes. Pierre Bois-MCM

En collaboration avec la Maison des Cultures du Monde / Festival de l'imaginaire & l'Opéra de Lille.
Renseignements/ réservations - Opéra de Lille: 0820.48.9000'

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