Produire du commun - invisibiliser des pratiques.

Redéfinir les ordres établis, donner de la visibilité à certaines pratiques et redéfinir un espace du commun entraîne par ricochet l’invisibilisation d’autres pratiques : Les discussions entre Giovanni Zoppoli et Pina Lalli, ont montré la difficulté de faire cohabiter des pratiques différentes de l’espace public, ainsi que la difficulté de se mettre d’accord sur les pratiques légitimes. En « reprenant » une place de Naples au trafic et à la consommation de drogue, le projet de Giovanni Zoppoli renvoie dans le champ de l’invisible la toxicomanie. Le projet de Giovanni Zoppoli doit être compris dans le contexte très particulier de Naples et de la place de la drogue et de la mafia qui impose un ordre à la ville, la question ne se pose pas dans les mêmes termes ailleurs. Le projet consiste donc, non pas à ouvrir un espace public de débat autour de la question de la drogue, chose par ailleurs sans doute sans grand avenir à Naples, mais à redéfinir un « nous » légitime pour l’occupation de cette place et d’y rendre possible la pratique d’autres activités par des actions très concrètes (le nettoyage pour qu’il n’y ait plus de seringues…), mais aussi par la création de récits collectifs, notamment avec les enfants des écoles. Toutefois cette question du « nous légitime » est souvent placée sous silence tant il nous apparaît naturel. Pourtant ce nous est à configuration variable. Las Pistas de Favencias, projet de cogestion entre des associations d’habitants et la mairie de quartier rend visible par l’empilement et l’articulation des commissions nécessaires à la transformation et la gestion d’un espace public urbain, la difficulté de constituer un « nous » légitime.