Nous traiterons l’ensemble de ces axes dans une perspective de comparaison internationale.

A qui sert-on la soupe ?

Nos projets culturels entrent dans les projets de ville à la fois concrètement sur le terrain, mais aussi via la production de représentations collectives de la ville. Quelles sont les logiques communicationnelles qui structurent cette production ? Comment les habitants qui participent à nos actions les interprètent-ils et donnent du sens à leur participation ? Comment gérer les disjonctions possibles entre les projets de nos financeurs et les nôtres ? Comment garantir l'investissement de l'espace public en maintenant la notion de don et de gratuité ? Pour les associations le dilemme est clair : comment garder une indépendance sur le terrain quand les financements de l’action sont essentiellement le fait des collectivités locales ? Comment préserver le sens de l’action quand l’espace public médiatique est saturé par les représentations et les messages produits par la communication de plus en plus efficaces des villes et que nos projets s’y trouvent englobés, assimilés, voire « noyés » ?

Pourquoi sert-on la soupe ?

Il s’agira de se questionner ensemble sur la pertinence de nos objectifs et de retravailler nos actions à l’aune de la réflexion collective.

Rendre visible l’ordinaire Le projet Soupe est axé autour de la volonté de rendre visible les multiples « inventions du quotidien », d’instaurer un dialogue entre des « arts de faire », de la musique, de la soupe, du théâtre ou du cirque. Pour nous il n’y a pas d’un côté des activités artistiques spectaculaires et des activités quotidiennes cantonnées, par essence, à l’intimité nos cercles privés. Ce parti pris résonne dans les débats contemporains sur la frontière entre espace public et privé.

Inventer et révéler de nouveaux usages Notre expérience de l’action dans l’espace public urbain nous donne l’impression que celui-ci est saturé de normes et de règles, contrôlé et surveillé. Dans le même temps nos métiers se sont technicisés et professionnalisés, grâce (ou à cause) de formations de haut niveau aux métiers de la culture. Dés lors quelle place à l’innovation, la spontanéité, comment ne pas « confisquer » l’initiative ? Comment rendre l’espace urbain adaptables aux pratiques et usages de nouveaux habitants ?

Comment servir la soupe ?

Ils nous semblent aux vues de nos rencontres et de nos échanges que les modalités d’action sont l’une des clés pour comprendre et agir aujourd’hui, le sens de nos actions est dans le faire. Par ailleurs l’expérience urbaine est plus complexe que la seule participation dans la rue à un événement un moment donné, comment garantir une pérennité des actions hors du cadre de l'évènement ?

Comment ouvrir le quartier, dépasser les frontières tout en valorisant les identités culturelles locales sans risque d'assignation identitaire ? Comment aller au delà du paradoxe d'une valorisation des cultures de chacun tout en mettant en relief la création d'une citoyenneté européenne ? Comment valoriser le quartier tout en cherchant à s'affranchir des frontières de la ville ?